Passer du morbide à la vie.

J’ai été dans ma jeunesse fortement attirée par des écrivains autodestructeurs, nihilistes, ayant une vision très noire et effrayante du monde comme H.P. Lovecraft, Burroughs et j’en passe. Ah, que j’aimais le titre d’un essai de Cioran: « De l’inconvénient d’être né ». Ça résumait bien ma vision de la vie. Et au cinéma, c’était pas mieux. Les films de prostituées droguées ayant abandonnées leurs gosses, et qui, quoi qu’elles fassent, n’arrivaient pas à s’en sortir, c’était ma came. J’adorai me vautrer dans la noirceur du monde pour voir par contraste ma vie un peu plus rose.

J’ai même été touché par une drôle de maladie: « le syndrôme shrek ». Je vous explique:

J’avais été voir le premier film Shrek. Et à la sortie du film, j’ai déprimé pendant une semaine. What ??? Déprimer après avoir vu Shrek,. Comment est-ce possible?

Tout simplement car j’étais si mal dans ma peau que je n’acceptais pas de voir le monde comme merveilleux, magique . Et ne parlons même pas de considérer comme possible que des choses positives m’arrive.

En effet, à la même époque , le meilleur moyen pour me donner le moral était de voir Requiem for a Dream ou Dancer in the dark. Ça me donnait la patate pendant quelques jours. Comme si voir le malheur des autres pouvait me rendre le mien plus supportable.

Plage sous les nuages
Voir la lumière ou l’obscurité reste un choix.

J’ai bien changé depuis. J’arrête de me croire impuissant face à la vie, de considérer que le bonheur n’est pas pour moi. Et le bonheur n’est quasiment plus un sujet de préoccupation.

Certes, par moment, j’envie encore les autres, ceux qui ont « réussi leur vie,… ». Vade rétro, mélodrame !
Ne puis-je décider de modifier mes actions , mes comportements et ma vision du monde si ma vie ne me convient pas ?

Je ne suis pas victime du monde, car c’est moi qui décide comment j’ interagis avec celui-ci.
Ma philosophie est donc désormais :

« Je suis tel que je suis, peu importe où ça me mène, je sais que le chemin sera plein de découvertes, de joies et de plaisirs. Alors pourquoi ne pas savourer la vie ? »

Et vous, votre vision de la vie a-t-elle changé avec l’âge ?

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